ALBACETE ‘Act of God’

Une semaine après le dramatique évènement d’Albacete du 26 janvier, qui n’a pas eu le même retentissement en France que les 20 morts de l’épisode , ni bénéficié d’une orchestration médiatique aussi importante, est-il possible de s’interroger sur sa signification, et ses causes ?
Il s’agit de pertes importantes, 9 morts, pilotes, mécaniciens, navigatrice et 4 avions (2 Mirage D et 2 Alpha-Jet), pour une force aérienne engagée en Afrique et au Moyen Orient, ce qui a sans doute causé un émoi important dans la famille militaire, sans provoquer la même sidération  auprès du public en général.
Les pertes auraient pu être plus importantes si les 2 Mirage 2000-5 n’avaient pas décollé exceptionellement en premier et si les Rafale n’avaient pu être épargnés de la proximité du brasier.
Les victimes seront honorées 8 jours après, par le Président de la République, sans que celui-ci ne se déplace sur place dans l’heure, ni même après, préférant poursuivre son agenda mémoriel, et concurrencer Obama auprès de la famille saoudienne endeuillée.
Certains ont comparé Albacete à Pearl Harbour, pour l’effroi de la catastrophe au sol, comme d’autres Charlie Hebdo au 11 septembre, pour la sidération ressentie par l’opinion publique.
Assez peu d’images ont été fournies et la zone de crash est sans doute déconseillée d’accès, que ce soit pour la raison évoquée des 25 Kg de mélange à 70 % d’hydrazine présents dans le système générateur de secours du F16, bien connu pour avoir déjà bloqué quelques heures un aéroport civil en pareil cas lors d’un posé sans train. Le ministre français de la défense ne s’est rendu sur place qu’au bout de 24 H. D’autres produits indésirables, parfois présents dans les avions d’armes, comme le thorium n’ont pas été évoqués.  Seul le F-16 présente ce risque spécifique lié à l’hydrazine, qui nécessite des équipements de protection spécifiques et des précautions particulières pour les équipes d’intervention, toutes les personnes exposées courant des risques, notament dus aux effets cancérigènes à long terme. Il est permis de supposer que la base OTAN était bien équipée des moyens adéquats pour assurer ce soutien des seuls 4 F-16 grecs en déploiement temporaire.
Qu’un F-16 monomoteur se crashe, celà n’a rien d’étonnant ni d’exceptionnel, le taux d’attrition étant de l’ordre de 15 % pour un total à ce jour de plus de 300.
Ce qui est plus étonnant est la trajectoire suivie, obliquant à 45 degrés, et ses conséquences. S’il s’agit d’une perte de motorisation, l’avion moderne conçu il y a 40 ans environ, intrinséquement instable, bénéficie du générateur de secours (EPU) pour une dizaine de minutes et le basculement ne devrait pas excéder une à quelques secondes. Il est donc invraisemblable et inattendu que l’avion puisse atteindre une zone réservée à l’attente groupée des aéronefs au décollage, pleins de carburant à 300 m de l’axe de piste. C’est sans doute l’opinion des concepteurs et des opérateurs de la plateforme de Los Llanos.
L’EPU s’est elle enclenchée normalement, ou a-t-elle dysfonctionné, son positionnement côté droit expliquant le sens du virage ?
Seul le contenu des boîtes noires (oranges), dont la presse ne s’est fait guère initialement l’écho, comme pour un accident civil, livrera son verdict au cours de l’enquête, qui sera sans doute menée en milieu militaire, grec, espagnol, français, Etats-Unien,  Otan suivant la prépondérance accordée aux opérateurs, au lieu, aux victimes au constructeur ou aux organisateurs.
Les témoignages de première main restent rares.
Inattendu, ou que l’on ne peut prévoir, tel est le sens dégageant la responsabilité, d’un ‘Act of God’, désignant par là habituellement un phénomène naturel indépendant de la volonté des contractants, et excluant les interventions divines.
Si aucune volonté n’a participé à cet évènement, peut-on le qualifier d’ ‘Act of God’ ? a contrario, la manoeuvre pourrait-elle être volontaire de la part d’un des pilotes ? Il ne semble pas qu’une telle hypothèse ait fait l’objet de beaucoup de considération. Les pilotes grecs sont parmi les meilleurs  tant que l’on a encore besoin de pilote pour le F-16. Peut-on envisager au moment où la Grèce vire à gauche, qu’un pilote grec vire à droite ?

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