Pourquoi la loi électorale présidentielle est obsolète et inadaptée.

Condorcet l’avait déjà mis en évidence il y a longtemps, le résultat d’un vote ne dépend pas que des préférences du corps électoral, mais aussi de la méthode de vote.

Le système présidentiel français actuel de la Vème République à deux tours, a été conçu (bricolée en 1965) pour des conditions très particulières,  la réélection du général de Gaulle.

C’est à dire un vote quasi plébiscitaire de renouvellement d’un président sortant.

Ses caractéristiques obéissent à de grands principes souhaités :

Permettre un large débat ouvert au premier tour.

Assurer une majorité absolue au gagnant dans l’élection finale.

Dans un contexte où nombreux étaient ceux qui pensaient que le plébiscite aurait lieu dès le premier tour, le candidat sortant bénéficiant d’une majorité  naturelle, la possibilité de ballotage n’avait pu être écarté dans la loi électorale, mais avait été prise en compte sous la forme de second tour entre le candidat en tête du premier tour (que l’on ne voulait pas désigner vainqueur à la majorité relative afin de satisfaire le second critère) et le candidat arrivé en tête de tout les autres c’est à dire désigné lui, parmi ceux-ci, à la majorité relative.

Ceci méconnaissait un principe souhaitable, (mais supposé cependant assuré dans le contexte de l’époque) à savoir que les  candidats retenus pour le vote final représentaient le choix de la majorité des électeurs.

Dans les circonstances actuelles, en particulier en l’absence de candidat sortant, particulièrement non empéché, ni par l’age , la santé, la mort, ou la justice, mais par l’opinion publique, le plébiscite objet de l’élection ayant déjà eu lieu de façon informelle, ce principe n’est pas satisfait, une majorité d’électeur voient leur choix non représenté au second tour, même en ayant voté utile !

Les candidats retenus pour le second tour ne représentent que 45% !

Une loi électorale différente existe pour les Législatives, où tous les candidats, ayant recueilli un vote supérieur à un certain seuil (12,5% des inscrits) peuvent se maintenir au second tour.

Il serait raisonnable de prévoir dans la loi électorale que les candidats retenus pour le deuxième tour réunissent au moins la majorité des votes du premier tour, c’est à dire conserver en piste les candidats par ordre décroissant de résultat jusqu’à la totalisation de la moitié des votes.
Ainsi les électeurs du second tour auraient à s’exprimer parmi des orientations ayant au premier tour recueilli dans leur ensemble une majorité des suffrages.

La présence de plus de 2 candidatures au second tour n’assurerait  pas le critère forcé de majorité absolue au gagnant, mais traduirait mieux par une majorité relative sa réelle légitimité dans le pays, et le comportement à adopter dans l’exercice de sa charge.

 

Ce contenu a été publié dans General, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*