COVID-19 stade 3 et débordement des capacités.

L’accélération de la propagation des cas environ 50 % par jour (949 contre 613 hier) plutôt que 30 à 33 %  la veille annonce une rapide atteinte des capacités de traitement du système sanitaire français.
Ce rythme d’accroissement est de l’ordre d’un doublement en 2 jours, d’un accroissement journalier de 300 aujourd’hui on passera à 1200 d’ici 4 jours et dès le lendemain les capacités de test tant vantées évaluées à 1500 par jour sur tout le territoire seront dépassées. Ce sera le cas bien avant dans les zones un peu plus touchées que la moyenne et c’est même sans doute le cas dès maintenant dans les zones les plus touchées.
Dès lors il ne sera plus possible de recourir aux mêmes tests pour confirmer les cas positifs et probablement plus possible de tester les personnes et rassurer les cas négatifs.
La quarantaine obligatoire pour les cas de contact des malades avérés devrait alors être la règle en l’absence de capacité de test, mais ne sera probablement pas requise pour des raisons économiques.
La propagation de la maladie ne pourra qu’en être dès lors plus rapide.
Le vrai seuil de capacité important sera dépassé quand les capacités en soins intensifs seront dépassées.
On nous a montré comment en Chine on construisait un hopital en 10 jours, en France on a des idées, mais il ne semble pas que nous soyons à même d’en faire autant, voire même en un mois, puisqu’il y a un mois déjà de celà et que rien n’a commencé alors que nous savons maintenant que nous aurons à traiter une épidémie sur la totalité de la population française puisqu’il n’a été pris aucune mesure drastique pour limiter la propagation autour des foyers déclarés en les enfermant dans des zones à circulation controlée comme en Chine ou en Italie.

Le choix initial français de recherche systématique des contaminations, d’appel du 15, de filtrage malgré ses couacs semble avoir démontré sa supériorité face à la situation italienne, au stade initial de propagation de la maladie. Les choix ultérieurs actuels qui ne recourent à aucun confinement ne manquent pas d’interroger sur l’objectif retenu.

A titre individuel on peut se demander si la meilleure stratégie individuelle, n’est pas de chercher à être contaminé dès maintenant afin de pouvoir bénéficier en cas de complication grave des meilleures capacités actuelles du système de soin.

Déjà on peut s’interroger sur le degré de préparation du pays, qui a pourtant vécu l’épisode de la grippe aviaire.
Comment se fait-il que les praticiens libéraux indépendants n’aient pas auprès d’eux des stocks de masques FFP2 pour satisfaire les besoins de leur pratique pendant la période d’une telle épidémie (quelques mois) ?
et en soient à attendre l’envoi par l’état d’un malheureux lot de 50 masques chirurgicaux pour leurs malades et eux ?
Pourquoi n’ont-ils pas approvisionné en urgence une quantité raisonnable de ces masques depuis mi-janvier alors que la vente de ces masques était encore libre ?

Ont-ils été victimes de la communication gouvernementale laissant croire que tout était fait pour arrêter le virus à la frontière et traiter les cas éventuels forcément en nombre limité à l’hopital, que cette statégie était viable à long terme et qu’il n’y aurait pas de pandémie !

Quelle confiance peut-on avoir dans une telle profession alors qu’il faudra bien se tourner vers elle dès que l’appel au 15 sera déconseillé afin de ne pas surcharger un service d’urgence et risquer des vies qui ne seraient pas secourues à temps ?

On ne peut que recommander à chacun de pouvoir passer la période de maladie chez lui sans sortir, ou sa période de quarantaine de 14 jours, pour des personnes au contact, avec la possibilité de prendre sa température 2 fois par jour, ce qui implique dans la pratique d’avoir à l’avance un thermomêtre par personne.

Le décret sur la monopolisation des stocks de masques par l’Etat ne peut se comprendre que si les stocks sont insuffisants.

Il est probablement difficile de relancer une production supplémentaire, le cas des masques FFP2 nécessitant sans doute des unités et machines de production dédiées, qui si l’industriel est bien organisé tournent déjà à pleine capacité en temps normal, et ont leur production déjà relancée et réservée par contrat pour le marché chinois.
Il n’est sans doute plus possible compte tenu des circonstances actuelles de recourir à l’importation auprès des fourniseurs mondiaux.

Les recommandations d’usage de masque,  par l’Etat concourrent à en limiter l’usage, dans un scénario de pénurie attendue, tout en essayant de préserver un sentiment de confiance.
Le masque FFP2, le seul qui ait un réel pouvoir de protection est réservé au personnel hospitalier, le médecin de ville se voyant conseiller de recourir au mêmes masques chirurgicaux que ses malades.

C’est une économie dirigée de pénurie et de rationnement Etatique, peu conforme aux valeurs de libéralisme écomique tant vantées de notre société de consommation.

Comment peut-on commander 94 millions de doses de vaccin il y quelques années et manquer de masques stockables et non spécifiques d’une maladie ?

De même l’on verra si les mesures de contrôle des prix sur le gel hydro-alcoolique, atteindront leur objectif, dans une économie réelement libérale une telle limitation des prix si elle est fixée trop bas peut au contraire faire disparaître le produit du marché et aboutir à l’opposé d’un résultat attendu de grande disponibilité.

Une grande incertitude demeure, certains spéculent sur l’assimilation de cette pandémie à une méchante grippe, et en espèrent un comportement analogue de disparition avec les beaux jours, qui reste non établi, tout en justifiant un éventuel effort de ralentissement de la pandémie par un souhait de décaler ces nouveaux cas après le pic actuel de grippe sur le déclin afin d’en faciliter le diagnostic, les symptômes étant proches voire indiscernables, notamment en cas de non accès au test du virus, compte tenu de l’accroissement prévisible du nombre de cas.

Encore une fois l’attitude générale des Français qui ont une propension particulière à tout attendre de l’Etat, se voit mal récompensée, par un comportement habituel et répété de celui-ci, où une démarche responsable de protection individuelle, ne peut avoir lieu qu’en anticipant à l’avance ou dès le premier signe, au risque d’être subitement interdite par un oukase gouvernemental.

Au delà d’éventuelle pénurie on peut s’interroger si les recommandations étatique de non port systématique du masque chirurgical en public, ne procède pas d’une vision policière du monde ou il est essentiel d’assurer le suivi des visages par les caméras de surveillance, alors que cette pratique de port du masque semble commune et respectueuse dans les sociétés asiatiques, et qu’il y aurait un risque de voir cette coutume s’acclimater sous nos climats à l’occasion de cette pandémie, comme la prohibition légalisée de la burka.

 

 

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